Ou plutôt avec des amis, mais sans skipper ou formateur à bord, pour la première fois.

Objectif : valider une sortie sur un week-end, sur un plan d’eau connu, avec un équipage connu et un bateau sympa avec des sensations.

Pour le bateau, on a surtout fait avec ce que l’on a trouvé avec le loueur local que nous apprécions. Les fois précédentes, on était sur des voiliers plutôt confortables, un peu planplan diront certains, nous diront plus familials ! ;).
Pour ce weekend flash, on voulait ressentir davantage la mer. Un bateau avec barre franche pour plus de sensations, pas trop gros, moins de 10 m et qui marche bien, un First 31,7. Tout ça avait l’avantage d’être dans la catégorie économique de notre loueur en plus, parfait !

Nous sommes partis sur un weekend de 2 jours, en format compact. Arrivée prévue le vendredi soir pour passer une première nuit sur le bateau avant de partir. L’occasion aussi de récupérer les courses au drive du port. Le weekend a eu lieu mi juillet, ce qui nous valu une longue soirée pour profiter encore un peu du jour avec un petit apéro qui a permis à l’équipage d’échanger sur le programme, les attentes de chacun, et apprendre à se connaître un peu plus. Pour ma part, je suis entouré de mon frère et deux meilleurs potes, autant vous dire que je suis serein !

Details de l’aventure

Il y a 2 cabines sur la bateau, nous sommes 4. Je me propose pour dormir dans le carré, ça me trottait dans la tête depuis la dernière fois. Je trouve ça parfois assez humide dans les cabines. J’en suis très content. En tant que chef de bord pour le weekend, ça m’allait bien de pouvoir me lever tôt et être mobile rapidement. Il ne faut pas que le reste de l’équipage veuille se coucher trop tard et squatter le carré par contre ! :).

Nous faisons l’inventaire le vendredi soir pour gagner du temps samedi matin pour le départ. Il faudra quand même passer voir le loueur samedi matin pour régler le reste de paperasse.

En terme de navigation, nous aurons donc du samedi matin, dès que le check-up du bateau aura été fait avec le technicien du loueur jusqu’au dimanche à 17h ! Il va falloir être efficace sur l’eau !

Initialement, étant donné la météo, nous souhaitions faire :
Samedi : Port Crouesty – Houat – Belle Ile
Dimanche : Belle Ile – Baie de Quiberon – Port Crouesty
En gros, on faisait l’aller/retour Crouesty – Belle-Ile, en s’arrêtant le midi déjeuner sur la route en fonction du meilleur itinéraire/météo.

Nous partons le samedi, première manœuvre en barre franche sur un voilier pour le sortir de sa place, je serre les fesses. Je vous passe le fait que la manette des gaz vous reste dans la main une fois sur deux lorsque qu’il faut la manipuler. J’y reviendrai…

Les conditions sont plutôt avec nous, peu de vent, une légère risée qui rentre de temps en temps, mais en la laissant passer, on a le temps de sortir le ⛵️. Chaque membre d’équipage est à son poste, l’un à la gaffe en équipier volant, un autre avec un parre-batage (les boudins blanc autour du bateau pour le protéger) au cas où je vienne titiller de trop prêt le bateau sur bâbord 🙂 et le dernier prêt à larguer la dernière aussière (la corde qui maintient le bateau au ponton) du catway à tribord.

En appliquant l’adage de toujours rester très humble avec la mer, je demande au technicien du loueur son avis sur la sortie, il valide mon sentiment, je suis content. Ce sera donc une petite marche arrière pour sortir de la place, reculer dans la panne et repartir en marche avant.

Départ du ponton, largage des amarres

Tout le monde est prêt, je fais un check circulaire pour m’assurer que tout est ok, dans le bateau, sur la bateau (mes coéquipiers ont bien leur gilet), je cherche ensuite des mâts autour de moi qui serait en manoeuvre, puis enfin l’état du ciel une dernière fois avant d’enclencher la marche arrière.

Go, c’est parti, j’enclenche, gentiement la manette en arrière, et paf, elle me reste dans la main ! Me voila en marche arrière, avec la manette dans les mains. Je garde mon sang froid, le bateau recule, pas trop vite, j’ai le temps de remettre la poignée avant d’aller chatouiller les voiliers de l’autre côté de la panne. Je la ré-insère, j’enclenche. Lors du check up, j’avais été prévenu que cela pouvait arriver, un bateau identique a fini au fond de la panne dans les rochers la semaine précédente avec un chef de bord qui avait eu la main lourde sur la marche arrière et une manette des gaz dans la main !! Bref, je redresse, j’envoie une marche avant, le vent m’a épargné lors de ma manoeuvre et nous voila parti. Le reste de la sortie du port se fera sans encombre. 

On prévoyait de faire initialement route vers Houat pour le déjeuner, mais en gros, vu la météo du jour, on a préféré faire route plus à l’Ouest vers le passage de la Teignouse pour nous diriger vers Belle-Ile. Bien nous en a pris, c’était la bonne décision. Le vent s’est fait timide si bien que nous avons fait une bonne heure de moteur au déjeuner pour avancer quand même. On est toujours déçu de devoir allumer le moteur, mais parfois, c’est vraiment utile, surtout lorsque vous n’avez que 2 jours de voile !

Nous ne déjeunons donc pas à Houat comme prévu initialement, mais en navigation, près de la Teignouse.

Le vent se relève dans l’après-midi, de secteur Ouest, ce qui nous vaut un joli bord jusque Sauzon, très beau petit port de Belle-Ile.

Port de Sauzon - ©Shutterstock

Bien abrité, sauf sur des vents de N / NE. C’est justement le vent annoncé pour la nuit…
Nous avions déjà cette information, on est plutôt du genre à triple checker la météo, sur Squid notamment. On pensait aller s’abriter de l’autre côté de l’île, sur un mouillage réputé, bien abrité pour la météo annoncée.

Anse de Ster-Ouen

D’un commun d’accord, nous avons choisi de rester à Sauzon, pour les différents plaisirs que peut procurer un port, sans doute à tort.

Nous profitons de la fin d’après-midi pour nous baigner dans une jolie crique à l’entrée du port. On apprendra trop tard, que l’entrée du port est truffée d’araignées de mer à seulement 2,50 m de profondeur, dommage, le dîner n’en aurait été que meilleur…

La nuit sera (très) agitée, la houle rentrante comme prévue, aura bien fait bouger le bateau. Pas qu’on est mal dormi, ça nous a plutôt bercé. Mais, à 6h30 du matin, ça faisait quand même un sacré vacarme. Une famille dans un petit yacht devant nous s’est fait chahutée proprement, par miracle ils arrivent à s’extraire sans percuter les voiliers autour.

Vu l’état de la mer, et le jour qui se lève, on commence gentiment à se préparer. On partira sur les coups de 7h30, dans une manoeuvre maîtrisée, mais toujours délicate dans ses situations. On s’écarte du bateau auquel nous étions à couple pour la nuit, et partons du joli port de Sauzon pour faire route vers la Teignouse, un phare près de Quiberon qui est une des entrées dans la baie de Quiberon pour regagner le port du Crouesty. Comme le vent est toujours de secteur NE, ce qui est peu ou prou notre direction à suivre, on a le vent dans le nez ! Donc nous commençons par un bord le long de Belle-Ile en direction du Palais. Le petit déjeuner sera pris à l’extérieur, une main pour s’accrocher, l’autre pour manger la tartine.. !

Globalement au près, le bateau marche très bien, mais gîte ! C’est ce que l’on est venu cherché, parfait! 🙂 On se surprend à devoir rapidement réduire la voilure pour éviter d’avoir un bateau trop ardent, et accessoirement pour le confort des passagers…

Bref, on pensait pouvoir faire une halte du côté de Port Haliguen pour le déjeuner, mais au près, c’est plus long en distance et en temps. On essaie à chaque fois de prendre de la marge sur l’itinéraire, mais sur une journée, il faut vraiment que l’on rajoute une bonne heure pour éviter de trop se faire surprendre. Passé la Teignouse, je laisse mes camarades sur le pont et pars me reposer ¾ heure. Ces petites siestes font tellement du bien. Calé dans la chambre en fonction du bord, bercé par le bruit de l’eau sur la coque qui file sur la mer, une fois que tu t’es habitué, c’est très agréable. Je me suis d’ailleurs surpris à m’être très vitre amariné pour notre weekend, ca paraissait évident. Tant mieux, mais n’en faisant pas assez souvent, je me disais que ça me prendrai plus de temps.

Nous avons fini par arriver au Crouesty, sans escale, vers 14h30, pour déjeuner, une fois le bateau à bon port. Le temps de trinquer une dernière fois à ce beau weekend. Le contrat est rempli, on a navigué en autonomie sur un weekend, avec un bateau réactif. Les conditions étaient certes plutôt bonnes, mais nous sommes fiers et contents de notre aventure. 

Je retiens que la préparation et l’anticipation sont primordiales. Nous avons fait nos routes plutôt sur Boating, mais nous avons checké sur les cartes papiers en compléments. Nous avions la météo HD. C’était la première fois que je dormais dans le carré, je pensais que c’était plus bruyant et chiant, et bien pas du tout. C’est beaucoup moins humide, bien plus facile pour le pipi nocturne, et si vous avez pas trop la bougeotte, la largeur de la banquette suffit largement. D’autant plus si vous êtes en charge du bateau, vous êtes mobilisable plus rapidement.

Hâte de retourner sur l’eau à la barre d’un nouveau voilier !

N’hésitez pas à commenter cet article, me faire part de vos remarques et conseils ! A bientôt à marée haute !